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ROXANE NONQUE, RÉDACTRICE DE DEARLOBBIES, MILITANTE SANS FILTRE - transcription - Basilic Podcast
 

Cette semaine je reçois Roxane Nonque, militante écologiste, elle est à la tête du compte Instagram@dearlobbies. J’avais déjà reçu Roxane lors de la 1ere saison. Dans cet épisode, elle nous parlait de sa reconversion professionnelle, de sa malencontreuse expérience avec la pilule contraceptive et du lancement prochain de son compte Instagram@dearlobbies. Presque 3 ans plus tard, nous revenons ensemble sur les années passées et le lancement de son média indépendant. Aujourd’hui, Roxane réunit sur Instagram et sur son site, des dizaines de milliers de lecteurs. Dans cet épisode, on parle du jugement de l’autre, souvent bien trop présent lorsqu’on parle d’écologie, ainsi que du regard que l’on porte sur la personne que l’on croise dans la rue ou notre voisin. Nous parlons également des projets de Roxane, de l’écriture de son livre à son souhait de rejoindre une ONG. Roxane nous en dit plus sur son média qu’elle qualifie de disruptif et sans filtre. J’espère que cet épisode vous plaira ! Bonne écoute à tous.

Bonjour Roxane

Bonjour Jeane

Comment vas-tu ?

Et bah écoute ça va très bien, en ce mercredi gris de juillet

1er juillet

Donc vous écoutez ça en septembre mais on enregistre en juillet donc il fait un petit peu chaud, on est posées dans un p’tit appart parisien, on est bien.

On enregistre cet épisode après en avoir enregistré un premier ensemble il y a maintenant 2 ans et demi, donc ça date. À l’époque t’avais plein de projets en tête, que tu as menés, brillamment menés même. Est-ce que tu peux nous présenter aujourd’hui @dearlobbies et ce que tu fais au quotidien, même si je sais qu’aucune journée ne se ressemble, concrètement nous détailler un peu ce média dont tu nous parlais brièvement dans le premier épisode qu’on a enregistré ensemble, et pour lequel les auditeurs, je pense, ont hâte d’écouter la suite.

Alors, @dearlobbies est né, @dearlobbies a grandi, @dearlobbies a maintenant à peu près 1 an et demi et mon compte Instagram est suivi par 29 000 personnes donc ça a très bien marché, bien au delà de mes espérances, et en fait qu’est-ce que c’est que @dearlobbies ? C’est un compte Instagram qui questionne. Il y a beaucoup plus de questions que de réponses, parfois on me le reproche, mais je pense que c’est simplement que les gens sont habitués à une facilité et à recevoir de l’information, là où moi je me refuse à vulgariser et à délivrer des infos pré-mâchées. Je pense qu’il est très important de se construire des opinions personnelles et c’est en se questionnant qu’on y arrive. Donc certes ça demande plus d’effort, mais le but n’est vraiment pas de dire aux personnes qui le suivent qu’il faut penser comme ci ou comme ça. Le but c’est de les faire réfléchir. Et donc je serai très contente de recevoir des messages de personnes qui me diront “Voilà j’ai regardé les sources après avoir lu ta fiction – je parlerai des fictions plus tard – et en fait je suis pas d’accord, je pense que le futur ne ressemblera pas à ça” Ok très bien, t’as lu les sources, c’est exactement ce que je voulais, et tu t’es forgé ton opinion. Donc voilà, donc c’est un compte qui questionne, et je me base sur différentes choses et vraiment ce qui fonctionne le mieux c’est les fictions. Et donc les fictions, je sais pas si on en avait parlé la première fois?

Pas du tout

Nan pas du tout. Donc ça c’est quelque chose qui est arrivé après. Les fictions, c’est quelque chose que je vois comme du nudge marketing. En fait le nudge marketing c’est de la manipulation, clairement, pour amener les gens d’un point A à un point B sans qu’ils s’en rendent compte. Donc ça peut être problématique ou même dangereux quand c’est utilisé par des marques ou par des gouvernements, ou par des partis extrêmes, parce qu’on manipule clairement l’esprit des gens. Mais moi je m’en sers en fait non pas pour amener une personne d’un état neutre à une pensée que j’ai créée mais j’amène les gens d’un point A à un point de délibération, donc en fait, je les incite via les fictions à aller voir des contenus qui de prime abord sont assez indigestes, mais étant donné qu’ils ont lu une fiction, qui se passe dans un futur plus ou moins proche, qui fait peut-être peur, ça motive à se dire oulah je sais pas si c’est possible, ça m’inquiète donc du coup je vais lire ce rapport scientifique. Malheureusement la plupart du temps, le rapport scientifique confirme ce que j’avais imaginé, mais au moins ça permet aux personnes d’avoir des sources. Et je sais que quelqu’un qui a lu un rapport scientifique même si ça été difficile, et c’est difficile pour tout le monde de lire un rapport scientifique, et bin cette personne elle va aller parler à son entourage avec des atouts, et des cartes et je pense que quand t’as lu un rapport comme ça t’es assez fier de rentrer dans une discussion, non pas avec des opinions d’affiliation, donc c’est à dire quand on calque ses opinions sur des personnes que l’on considère comme des experts, ou des proches etc, on se cale pas sur des opinions d’affiliation mais sur des sources qu’on a nous même étudiées. Voilà en fait donc ce compte c’est créer des questionnements, des remises en question. Généralement quand je pose des questions je me pose  aussi les questions à moi même et j’évolue moi même. En fait ce compte me fait autant évoluer moi même qu’il fait évoluer les gens. Et j’ai comme outil des fictions et j’avais d’autres choses jusqu’à maintenant mais là je suis en train de travailler à réorganiser mon compte pour le rendre plus sain, plus simple, et peut-être moins riche en infos. En fait, jusqu’à maintenant je postais beaucoup beaucoup beaucoup et en septembre, donc au moment où vous allez entendre cet épisode, j’aurai une nouvelle ligne édito qui sera peut-être, enfin moi je vois ça comme du minimalisme en termes de réseaux sociaux, moins de posts, mais des posts que j’ai beaucoup plus travaillés, que j’ai imaginés en amont, donc y aura toujours des choses spontanées mais je veux cette fois-ci avoir une vision à long terme de ce que je veux apporter et de ce vers quoi j’ai envie d’aller. Donc là pour l’instant c’est une grosse pause, un gros chantier, d’autant plus que je me remets en question moi toute seule par rapport à certains sujets, tu as dû le voir j’ai opéré une convergence des luttes y a pas très longtemps, c’était quelque chose qui était déjà présent chez moi mais dont je parlais pas forcément mais en fait y a pleins de sujets qui sont arrivés sur le devant de la scène : l’écologie décoloniale, même le féminisme qui était en moi mais que je comprenais sans pour autant pouvoir mettre des mots dessus. Je me suis formée au féminisme sur Instagram. Donc en fait là j’opère plein de convergences et j’ai juste besoin de me poser, de savoir comment je peux tout traiter, enfin je pourrai pas tout traiter mais je vais choisir les sujets que je veux aborder et je vais assumer de ne pas en choisir certains autres. En fait voilà je veux que ce soit hyper solide et qu’on puisse rien me reprocher dans le sens où même ce sur quoi y a matière à discuter, par exemple un manque d’inclusivité, j’expliquerai simplement qu’en fait je suis un personne toute seule, que j’ai un seul cerveau, que de l’énergie tous les jours mais que c’est pas illimité et que je me concentrerai que certaines choses à ma manière. Ça évoluera certainement plus tard encore une fois mais voilà en fait je suis en chantier et j’assumerai d’être minimaliste en fait.

Moi ce que j’aime vraiment avec ton compte, au delà du fait qu’il nous pousse à nous questionner c’est que comme, tu le disais tu te questionnes, tu sais évoluer, tu sais faire évoluer ta réflexion, et ca c’est hyper agréable en fait parce que contrairement à la presse par exemple qu’on peut lire, c’est aussi parce que c’est un réseau social et donc qu’on peut te suivre, mais on voit vraiment le cheminement de ta réflexion, on voit vraiment aussi que suite à une rencontre tu peux, par forcément changer d’avis mais au moins nourrir ta réflexion, et ça pour moi c’est vraiment la clé pour faire passer des messages forts. Tu qualifies @dearlobbies d’un média disruptif

Ouais !

Pourquoi ?

Parce que j’ai absolument aucun filtre. Je fais vraiment pas exprès, dans la vie parfois on me trouve rude, mais je sais pas en fait mentir, donc ça va être beaucoup d’infos brutes, donc brutes à la source par exemple, plutôt que de vous sortir un article sur l’évolution de l’écologie depuis tant d’années, je vais aller vous sortir des phrases de rapports qui ont été produits dans les années 70, pour simplement montrer qu’il y a 50 ans on disait déjà les mêmes choses on était déjà au courant etc. Donc disruptif, par rapport à plein de choses en fait, par rapport au fait que je suis une humaine en fait tout simplement et que du coup j’ai une manière de traiter les infos à la fois objective et subjective, enfin on est jamais vraiment 100% objectif quand on choisit des sujets et qu’à choisit la manière de les traiter, mais j’essaye toujours de prendre du recul sur les choses. En fait quand il se passe un évènement souvent les gens me disent tiens bah Roxane faudrait que tu postes ça ou ça, mais en fait moi j’aime bien attendre, parce qu il peut y avoir des Fake news, je vais donner un exemple : pendant le confinement y a eu un cas de violence policière en banlieue et un jeune homme qui a été volontairement renversé par la police et pendant 2-3 jours on m’a dit Pourquoi t’en parles pas? On lui a arraché la jambe etc. Et en fait nan je vais en parler j’ai juste envie d’attendre d’avoir plus d’infos et d’avoir des vraies sources, parce qu’en fait il a pas eu la jambe arrachée, c’est tout aussi grave ce qui s’est passé mais j’aurais dit des bêtises et j’ai pas envie de dire des bêtises. Donc après 3 jours plus tard y a d’autres articles qui sont sortis avec des chiffres etc et donc j’en ai parlé. J’essaye de faire très attention donc. Je prends du recul, le plus souvent j’essaye d’avoir des infos pas chaudes mais tièdes voire froides. J’essaye vraiment de m’orienter vers ce genre de choses. Et donc disruptif par son essence en fait, tout simplement. Et parce que je suis anti-système quoi. Je suis anti-système, je suis indépendante, je suis libre donc forcément j’ai pas la même manière de traiter les infos qu’un magazine qui se veut libre mais par ailleurs a des publicités pour tel secteur dans ses pages.

Et puis tu es seule aussi

Oui je suis seule, je fais ce que je veux comme je veux, après comme tu disais je me remets en question assez facilement. Même quand des haters ou des trolls m’envoient des messages je m’en sers de moteur et d’énergie pour rebondir sur ce qu’on m’a reproché, pour dire Voilà je trouve que ce message n’était pas nécessaire et n’était pas justifié, pourquoi, et j’en remets une couche. Quand je reçois des messages comme ça je les poste en story pour expliquer aux gens, je trouve que ça sert à rien de parler avec un hater en privé donc je mets publiquement ce qui s’est passé et puis mine de rien ça me fait quand même évoluer et en effet j’ai beaucoup beaucoup évolué depuis le début de @dearlobbies. Maintenant je suis calme, avant j’étais super énervée, j’étais très énervée parce que j’avais plein de choses à dire et que j’étais révoltée contre le monde actuel et la société actuelle parce que si je sortais de ma phase de découverte de la collapsologie, je pense que j’avais peur de tout, j’avais peur de l’avenir. Tout me rendait dingue, les comportements individuels me rendaient dingue, les comportements des gouvernements me rendaient dingue. Et petit à petit j’ai évolué vers un truc très sain je pense. C’est ce que je disais tout à l’heure, j’ai un taux d’énergie par jour, il faut que je choisisse, pour être efficace, de mettre cette énergie au service de quelque chose. Et j’ai décidé, il y a pas longtemps, enfin ça s’est fait tout seul et en cheminement je me suis dit ok je vais continuer à le faire et je vais essayer de le faire tout le temps : je ne juge plus les comportements individuels. Je ne les juge plus, pourquoi ? parce que je ne connais pas la vie des gens, je ne connais pas la grille de lecture des gens, si je vois quelqu’un qui jette une clope par terre ça va me rendre dingue mais si ça se trouve cette personne elle vient d’avoir un appel hyper douloureux, elle pense pas à mettre sa clope dans la poubelle à ce moment là et moi je vais la prendre pour une personne qui fait tout le temps ça et en fait ça sert juste à rien ! Donc ça c’est un exemple la clope parce que c’est un des stress les plus fréquents dans ma vie, ça et les 2 “n” à mon prénom. C’est les deux trucs qui arrivent tous les jours. [rires]

Je connais bien

Ouais tu connais ça. Et tu vois c’était vraiment un des stress les plus fréquents de ma vie, de voir des gens jeter des clopes par terre donc j’essaye de me détacher de ça, j’essaye aussi de me détacher de plein d’autres choses. C’est à dire, les gens qui ne sont pas zéro déchet, moi même je ne le suis pas, je suis pas parfaite, mais en fait pendant longtemps j’avais du mal avec les gens qui étaient pas du tout dans l’écologie et qui n’étaient pas intéressés par tout ça et en fait j’oubliais totalement que y avait des gens qui avaient d’autres priorités. Pour moi l’écologie c’était le problème numéro un, qui, s’il n’était pas réglé, invaliderait tous les autres combats, puisque forcément si t’as plus de planète tu peux pas combattre quoi que ce soit mais en fait les autres combats sont super importants aussi et c’est pour ça que je j’opère une convergence et là la convergence actuelle c’est ecologie, anti-racisme, luttes sociales, féminisme. Y en a plein d’autres, maintenant je peux pas me concentrer sur tout, heureusement on est tout un tas de comptes sur Instagram qui sont complémentaires et qui permettent de balayer tous ces sujets. Mais voilà, moi j’ai décidé de me recentrer, pour mon bien-être mental, pour la cohérence de mes contenus, pour l’impact de mes contenus et pour être efficace tout simplement.

C’est difficile d’arrêter de juger les gens 

Alors, pas tant que ça en fait. En fait c’est assez facile chez moi en ce moment. Déjà je suis quelqu’un qui ne juge pas, je pense que j’ai jugé à un moment et quand j’ai commencé à lire les Accords toltèques j’ai changé, j’ai vraiment changé. Ce livre m’a fait vraiment changer, c’est pas juste un livre comme ça. C’est un livre qui m’a fait changer et à chaque fois que je me sens mal je le relis. Je l’ai lu 4 fois d’ailleurs. Et ça me recadre dans une manière de vivre saine vis à vis de moi, vis à vis des autres. Et déjà en partant de là, j’avais une vie plus saine. En fait ce n’est pas simplement ne pas juger. Cette volonté ne pas juger est motivée par d’autres choses, c’est par la compréhension des autres humains. On a pas tous la même vie et on a tous des raisons pour lesquelles on n’est pas forcément engagé, pour lesquelles on se concentre sur d’autres choses et en fait, partant du principe que je connais pas la vie des gens, j’ai pas à juger leurs comportements

Et pour les politiques alors ?

Alors c’est pas pareil en fait. Non non je ne juge pas les comportements individuels, je ne juge pas le peuple. Parce que se taper dessus, moi j’imagine toujours une espèce de théâtre avec des Guignols et t’as les politiques qui font absolument n’importe quoi et en dessous le peuple qui se bat contre lui-même, alors même qu’on devrait avoir toute notre énergie dédiée à nous battre contre les politiques et les industries qui, en conscience, dégomment tout. Donc évidemment que j’ai un jugement, d’ailleurs je ne suis pas ok avec les comportements individuels que j’ai décidé de ne plus juger, c’est simplement que je ne veux plus mettre mon énergie là dedans. Mais oui évidemment que je continue à juger les politiques qui sont néfastes mais c’est juste que mon énergie maintenant elle est simplement plus que sur ça et pas sur d’autres choses. Ce que je disais quand pour expliquer ça c’est que pour moi les comportements individuels c’est symptomatique d’une société qui va mal et c’est surtout des comportements que les industries, les gouvernements ont créés et attendent. Quand t’as quelqu’un qui achète des bouteilles plastiques bah c’est parce que les bouteilles plastiques ça existe. Je ne suis pas forcément d’accord avec Coluche, tu vois la phrase qui dit “Il suffirait que les gens n’achètent plus pour que ça ne se vende plus”. Nan bah il suffirait que ça ne soit plus produit en fait pour que les gens n’achètent plus. C’est facile de dire que c’est l’humain et le comportement individuel qui fait que. Bon après cette phrase elle est très bien mais c’est vrai que j’en ai marre de culpabiliser les gens, j’en ai vraiment marre. Donc prenons toute notre énergie à combattre la maladie et non pas les symptômes parce que le parallèle il est vite fait avec la médecine, si tu es malade et que je sais pas tu as des plaques sur le corps alors que c’est la maladie qui fait tout ça et que tu traites que tes plaques avec de la crème bah ok elles vont disparaître à un moment mais elles vont revenir. Alors que si tu t’en prends à la maladie, bah c’est plus efficace. Donc c’est pareil pour la vie militante. Penser comme ça, ça a sauvé mon militantisme parce que ça m’a permis de me recentrer, d’avoir un gain d’énergie parce que j’ai lâché du lest sur d’autres choses et ouais je pense que c’est très sain. Et on est pas mal à devenir comme ça.

Tu en es arrivée là grâce à des rencontres que tu as faites

Oui forcément, parce que moi je me nourris, j’observe beaucoup et je me nourris beaucoup des gens parce que je suis libre en fait je suis libre. Tu vois, par exemple j’ai jamais été dans tout ce qui est moche etc, je suis toujours un esprit libre et je peux me nourrir de n’importe qui même de personnes que je déteste parce qu’une personne que je déteste peut avoir une opinion, à un moment, qui m’intéresse. Donc parfois les gens qui ne sont pas d’accord avec moi c’est – alors ceux qui sont sont dans le dialogue j’entends – c’est les personnes qui m’apportent le plus parce que, ok ça flatte pas mes biais cognitifs, mais ça me fait avancer. Donc évidemment ce sont des rencontres qui m’ont fait évoluer mais je pense que j’ai un truc en moi aussi, une espèce de feu intérieur. J’ai un truc en moi depuis toujours qui fait que j’avance. C’est mon intuition en fait. Mon intuition me guide tout le temps. Donc les rencontres, les lectures, les podcasts, les choses que j’observe, en fait c’est tout mon contexte qui me fait évoluer. Y a pas une seule chose qui me fait évoluer, c’est tout mon contexte mais j’ai une force en moi, une intuition, qui fait que, je sais pas c’est facile pour moi d’évoluer en fait.

Là tu disais que tu es en pause pour mieux te déconstruire et te reconstruire. C’est pas évident j’imagine. C’est intéressant ?

Y a des phases. Tu vois par exemple par rapport à l’écologie décoloniale et au racisme

Est-ce que tu peux nous faire 2-3 lignes sur l’écologie décoloniale pour les auditeurs ? Parce que j’ai pas encore d’épisode sur le sujet, c’est prévu

Alors tu vois par exemple ça c’est un peu malvenu pour moi de le faire parce que moi je suis alliée en fait dans cette cause. Je crois que tu veux inviter Jérémy ?

Par exemple

Donc ce serait mieux que ce soit quelqu’un qui soit vraiment concerné par la lutte qui puisse en parler mais du coup je vais te parler en temps qu’alliée. L’écologie décoloniale c’est simplement que l’écologie et le milieu écolo est très blanc, est très masculin, et en fait on oublie tout un pan de l’écologie quand on ne pense qu’au petits gestes du quotidien et à tout ce qu’en fait – c’est un cliché mais – les bobos parisiens mettent en avant. Par exemple en France si je te dis qu’il y a encore des gens qui tombent encore malade parce qu’ils cultivent des fruits avec des produits qui sont interdits, tu me diras Bah c’est où ? Bah c’est aux Antilles, dans les DOM-TOM, et pourtant c’est la France, et dans ces territoires t’as encore des endroits où t’as pas d’eau potable depuis des dizaines d’années. C’est juste pas normal.Par exemple en Guadeloupe, t’as plus de CHU depuis plusieurs mois voire années, si y a quelque chose de grave qui arrive il y a que un ou deux hélicoptères qui peuvent les rapatrier en Martinique. En fait, c’est des territoires qui sont complètement délaissés. Et je te parle du coup du cas français mais au global, les personnes racisées sont les plus touchées par l’écologie et c’est complètement inconcevable et ahurissant qu’un milieu écolo ne pense même pas à inclure ces luttes. Jusque là elles étaient peut-être intégrées mais pas de manière très sincère. Mais là où je te dis que c’est compliqué pour moi d’en parler parce que je suis là en tant qu’alliée donc en tant qu’alliée je te dirais et je dirais aux personnes qui écoutent, d’aller voir les comptes de Jeremy @jeremybcn_, d’Anabelle @aimyt_, de Cannelle @canoubis, qui d’ailleurs, vont partir prochainement en reportage aux Antilles, en Martinique. Et en septembre, leur reportage sera sorti.Donc en fait moi mon job, en tant qu’alliée, c’est te renvoyer vers ces comptes ou vers des livres : pour l’écologie décoloniale il y a un livre qui s’appelle “Ecologie décoloniale” je crois d’ailleurs de Malcom Ferdinand.Je renvoie à des sources et à des gens qui luttent. C’est pas à moi de prendre la parole dessus. Il faut que ces personnes soient plus souvent invitées pour parler de ce qu’elles vivent. Voilà c’est tout ce que j’ai à dire là-dessus. Mais du coup c’était quelque chose à laquelle on pensait avec Jérémy, parce que avec Jeremy on est “partners in crime”, on avait très bien vu depuis longtemps que le milieu écolo était problématique parce qu’il était blanc et masculin. On avait eu plusieurs projets pour faire essayer de faire changer ça et en fait il y a plusieurs choses qui ont fait que toutes ces personnes dont je t’ai parlé donc Cannelle, Anabelle, Jeremy, ont dû mettre un coup de pied dans la fourmilière parce qu’il fallait le faire maintenant quoi. Et moi ça m’a fait réfléchir je me suis dit “Est-ce que j’en parle assez ? Est-ce que c’est à moi d’en parler ? Comment il faut que j’en parle ? Est-ce que moi j’ai des comportements problématiques ?” Donc j’en ai parlé surtout avec Anabelle et effectivement j’avais eu des comportements problématiques sans même m’en rendre compte mais dans ce cas-là j’écoute et je me remets en question. Et c’est pour ça que je fais une pause. Et c’est pareil pour le féminisme, tu vois moi je suis calée, ultra calée en écologie, mais en féminisme, je connais pas si bien les termes. On m’a déjà dit que j’étais transphobe parce que j’avais partagé des contenus d’une personne dite transphobe, et moi ça m’avait ultra énervée. Mais même pour ça tu vois je pense je pense qu’il faut que j’écoute et que j’essaie de me remettre en question : si on me dit que ce j’ai fait est transphobe c’est qu’il y a certainement quelque chose. Donc plutôt que de m’énerver il faut que j’essaie de d’appréhender tous ces sujets et de gagner en compétence pour ne plus faire d’erreur et après de toute façon j’en ferai certainement toujours mais je parle là aux personnes qui du coup essaient de se remettre en question et ont peut-être peur d’aborder ces sujets : sachez simplement que si vous êtes dans l’optique d’apprendre et que vous écoutez ce qu’on vous dit, il y aura pas de gros problèmes simplement il faut que se remettre en question quand on nous demande de nous remettre en question. C’est juste la démarche saine. Donc voilà je suis en pause pour avoir une meilleure ligne édito, qui était déjà respectueuse mais qui l’est encore plus, en fait j’essaie toujours de m’améliorer. J’essaye d’être une bonne humaine [rires]

Je pense que tu es sur la bonne voie 

J’essaie vraiment de faire de mon mieux et d’avoir de l’impact sans avoir de propos problématiques etc

Depuis la création de ton compte @dearlobbies, il y a bientôt 2 ans

1 an et demi, c’était en janvier, donc pile 1 an et demi

Comment tu t’es sentie ? Je sais qu’avant tu étais quand même assez angoissée ou en tout cas déprimée par l’avenir, c’était une grosse angoisse pour toi, à juste titre. Est-ce que partager des contenus sur Instagram, échanger avec ta communauté, t’a fait positiver ou au contraire tu as plongé dans les abysses de la dépression ?

Alors il y a quelques années du coup je découvrais la collapsologie et l’état du monde donc j’étais totalement déprimée. Là, je vis ma meilleure vie. Il y a des phases, des phases dans le déni, y a des phases dans l’acceptation des choses. Et en fait je suis pas sûre que ce soit mon compte qui m’ait fait évoluer parce que je traite toujours des mêmes sujets à peu près de la même manière et les sujets sont toujours aussi graves mais simplement en fait je dirais, c’est paradoxal, mais de découvrir l’état du monde m’a fait prendre conscience de la valeur de la vie et de la valeur du moment présent. Et c’est hyper intense chez moi ! Je savoure tout ce que je vis et je suis extrêmement heureuse plus que jamais parce que je sais que ça m’est cher et que tout peut se dégrader à tout moment. Quand on parle de collapsologie, généralement on parle de 2025 comme date butoir c’est dans 5 ans donc c’est dans pas très longtemps et puis de toute façon on voit que tous les étés il y a plus de canicules, il y a de plus en plus de problèmes. Mais du coup ça me fait savourer sincèrement l’instant présent. Il y a aussi les derniers combats donc en partie l’écologie décoloniale où on a dû se on a dû faire un travail, nous militants, de tous bords et de tous sujets, un travail pour faire une liste, la liste de nos privilèges et même si j’étais très consciente de mes privilèges j’avais occulté certains privilèges. Le privilège blanc tu vois je l’avais un peu occulté Et quand tu fais la liste des privilèges que tu as et que tu sais par ailleurs que le monde actuel va mal et que ça n’ira pas en s’arrangeant, tu commences à savourer tout ce que tu vis mais d’une manière intense ! Je suis en plein dedans, je vis ma meilleure vie ! Alors même que j’ai jamais été autant au courant des problématiques du monde. Parce que j’ai de la chance tout simplement et donc j’ai envie de me servir des privilèges que j’ai pour lutter mais c’est pas une raison pour ne pas en profiter. En fait je veux en profiter de la bonne manière donc c’est vivre intensément en étant respectueuse des autres et que la terre autant que possible et m’en servir aussi pour lutter. Donc là quand je te dis que je suis dans un mode où je suis je me sens très saine d’esprit, c’est hyper sincère, je crois que j’ai jamais été aussi bien de ma vie mais c’est parce que j’ai réussi à trouver mon équilibre. Et aux personnes qui nous écoutent, faire la liste des privilèges qu’on a, et ça commence par vivre en Occident, avoir un toit sur la tête, avoir de l’eau courante, de l’eau fraîche, de l’eau chaude, de l’électricité je sais plus si on l’a dit, de la nourriture dans les magasins, déjà ça c’est la base. Après quand on parle de la France, on a un système de santé qui est quand même hyper bien fait, quand on perd notre travail on a du chômage donc ok tout n’est pas parfait mais tout ce qu’on a en France on l’a pas forcément ailleurs. On a énormément de privilèges que l’on ne conscientise pas et quand on fait cette liste des privilèges et du coup en parallèle ça se transforme en liste de gratitude, c’est hyper impactant dans la vie. Je suis pas en mode développement personnel c’est juste des faits, je dis pas non plus qu’il faut transformer du négatif en positif, mais même si on a une vie difficile on a quand même des privilèges c’est sûr. Si on a une vie difficile, il faut essayer de trouver un équilibre là tout de suite à l’instant T et se servir des choses difficiles qu’on a vécues non pas en les transformant magiquement en quelque chose de positif, mais il faut s’en servir comme des moteurs et comme des ajouts à notre grille de lecture pour peut-être s’en servir et aller plus loin dans ses combats. Je sais pas si ça fait sens ce que je dis 

Si si et je te rejoins sur la liste des privilèges en fait j’en ai aussi pris conscience il y a pas très longtemps, j’étais partagé entre la honte et et en même temps le sentiment de me dire bah c’est bien, c’est bien de le faire maintenant mais c’est vrai que c’est quelque chose que je conseillerais aux auditeurs, ça prend pas très longtemps et on pourras sûrement pas tous les lister mais mais déjà d’en lister quelques-uns…

C’est quelque chose de super important. C’est super important, pourquoi ? Parce que j’en ai parlé avec plusieurs potes il y a pas très longtemps, et c’est une de mes questions préférées en ce moment “C’est quoi tes privilèges ?” “Liste moi tes privilèges”. Y en a qui n’arrivent même pas à en citer un et je me dis “Ok là t’abuses”

Y a du boulot 

Mais par contre quand tu leur dis, “Ah oui c’est vrai j’avoue”. Mais putain c’est super important de faire ça parce ok c’est pas pour dire il y a toujours pire ailleurs, c’est pas du tout dans cette optique là, juste sois conscient de ta chance et essaie de te servir de toutes les chances que tu as pour être quelqu’un de bien et pour faire le bien avec les privilèges que tu as.Typiquement les gens qui ont pleins de privilèges et qui s’en servent pour avoir un compte Instagram avec des millions de followers et faire que de la merde, faire acheter de la merde à des gens, faire culpabiliser les gens en montrant une vie parfaite, des corps retouchés, etc, ça c’est sur-utiliser ses privilèges de manière totalement négative. Donc voilà faut vraiment pas prendre cet exemple là mais avoir conscience de ses privilèges pour en faire quelque chose de bien ou en tous cas pour essayer d’en faire quelque chose de bien c’est super important. Et autre chose dans ma dans mon hygiène de vie mentale, faire des listes de ce que je veux. Et plus tu fais ça, tu vois par exemple si tu me disais là “Qu’est-ce que tu veux pas ?” je saurais même plus te le dire, alors qu’avant je savais ce que je voulais pas et ce que j’aimais pas, mais je savais pas vraiment ce que je voulais. Et c’est un exercice, quand tu sais ce que tu veux d’une part y a la loi de la loi de l’attraction, je sais pas trop comment ça fonctionne, mais ça fonctionne parce que j’en ai fait l’expérience plusieurs fois, mais t’as aussi le fait que quand tu sais ce que tu veux, forcément plus ou moins consciemment, tu vas vers ce que tu as envie d’obtenir ou ce vers quoi tu as envie d’aller. Donc voilà, lister les privilèges, éprouver de la gratitude, faire une liste de ce qu’on veut et pas de ce qu’on veut pas, c’est ça qui fait que ma vie est très équilibrée là tout de suite en fait.

Et pourquoi avoir choisi Instagram comme média, ou comme support pour ton média ?

Alors ça, ça remonte du coup au moment où j’étais en Master. Je devais faire un mémoire, tout le monde devait trouver un stage et moi j’avais pas envie de faire un stage dans une entreprise et faire un mémoire qui  ne serve à rien. Et déjà mon mon but dans ce master c’était pas d’avoir un diplôme, c’était d’apprendre et d’avoir des cartes en main supplémentaires pour pouvoir combattre. Et donc du coup quand je suis arrivée au moment de faire ce stage je me suis dit j’ai pas envie de faire un stage qui va servir à rien, je vais créer mon propre projet, sur un sujet qui m’intéresse et dans le but de publier ce mémoire par la suite. Du coup je me suis dit ok je vais étudier un peu les réseaux sociaux et je vais voir si c’est possible de créer un compte militant sur Instagram et je vais voir en fait si ça prend en fait. Donc j’ai commencé à réfléchir à des typologies de contenu, d’attractivité des contenus et j’ai ouvert le compte Instagram pour que ce soit le laboratoire à taille réelle de mon mémoire. Donc j’avais des apports en informations et en sources par ailleurs et je testais sur le compte @dearlobbies. Sauf que ça a bien marché et en fait j’ai décidé de mettre mon mémoire de côté pour me concentrer sur @dearlobbies, parce que j’étais encore dans l’époque où j’étais à fond dans la collapsologie, je me disais c’est maintenant ou jamais, je m’en fous de rendre mon mémoire tout de suite je veux faire passer des messages, c’est ça le plus important. Au final tant mieux parce que ça a super bien marché, parce que j’ai plein de gens tous les jours qui me disent “Tu m’as fait évoluer”. Très bien, c’était fait pour. Donc tu vois, mon mémoire j’ai pas abandonné, je le sortirai un moment -bon là j’écris un autre livre pour l’instant – je le sortirai, mais pour moi, c’était pas pertinent de prendre 3 mois ou 6 mois à faire un test grandeur nature, écrire à la va-vite. Non, je le rendrai si ça se trouve dans 2 ans à Dauphine, si ça se trouve ils l’accepteront même pas mais au moins tu vois ce sera un travail qui aura servi et dont le contenu sera pertinent et intéressant. Donc Dauphine n’en veut pas, je le publierai je sais pas dans quelle maison d’édition on verra. Et donc du coup @dearlobbies c’est arrivé sur Instagram parce que c’était le réseau social à la mode chez les jeunes et que moi j’avais besoin de toucher les jeunes. Pourquoi ? Non pas parce que j’avais envie d’exclure certaines catégories – mais là encore c’est parce que j’avais pas de l’énergie pour tout faire – mais surtout parce que les jeunes, généralement, ont de l’impact sur leurs parents, leurs grands-parents parce qu’il y a beaucoup de parents par exemple qui changent parce que leurs enfants ont appris l’école qu’il fallait recycler, et du coup ça vient des générations plus jeunes. Je pense qu’il y a aussi un lien affectif quand tes enfants te disent “Papa, Maman, il faut faire ci pour la planète moi je serai là encore longtemps”, les parents ils ont pas d’autre choix que de prendre en compte ça et de changer. Donc Instagram parce que c’est un réseau à la mode, un réseau jeune et parce que j’avais une affinité avec Instagram. J’avais en fait visualisé ce que je voulais faire. Je voulais avoir des images, je voulais avoir des textes et je savais à peu près comment le faire. Donc j’ai décidé de me focaliser sur Instagram. J’ai créé un compte Facebook, Twitter etc mais je ne suis jamais dessus parce que j’ai pas le temps et parce que Instagram,ça marche très bien. Je sais pas si j’ai répondu à ta question.

Si si. Et quel est le rôle d’Instagram dans le militantisme, à ton avis ?

En fait, dans le militantisme, toutes les actions sont complémentaires. Dons je dirais qu’Instagram c’est un bon moyen pour la communication, c’est un moyen d’informer, de sensibiliser, c’est un moyen de rassembler aussi. Tu vois par exemple dernièrement la manifestation en soutien à la famille Traoré a été hyper suivie et il y avait je crois 80000 personnes dans les rues, je parle de la première au TGI (au tribunal de grande instance) et les forces de police étaient dépassées. J’ai lu ça dernièrement dans le Canard enchaîné, parce que les services liés à la police avaient occulté le fait qu’il pouvait y avoir un rassemblement organisé sur Instagram ou sur les réseaux sociaux. Donc ça peut rassembler aussi et beaucoup, ça peut vraiment être viral. Donc c’est une place importante mais il ne faut pas occulter le fait qu’il y a des personnes très importantes dans le milieu qui ne sont pas sur Instagram. En fait, être sur Instagram ça veut pas dire qu’on a une place extrêmement importante dans l’activisme, dans le militantisme. Ça peut être lié mais il ne faut vraiment pas dévaloriser une personne parce qu’elle n’est pas présente sur les réseaux sociaux. En fait c’est comme une toile avec plein d’actions complémentaires, plein de moyens complémentaires et certains sont liés, certains ne le sont pas mais au final ça crée un tout qui fait que l’activisme avance. 

Pour rebondir sur la puissance des réseaux sociaux, il y a pas si longtemps avec le meeting de Trump où les jeunes se sont emparés de Tik Tok et ont acheté plein plein de billets, enfin pas acheté mais réservé, et au final personne ne s’est pointé au meeting, là encore ça montre à quel point les réseaux sociaux ont quand même un impact dans le quotidien dans le militantisme et dans l’activisme. Est-ce que toi tu te considères aujourd’hui comme militante ?

Ah clairement ! Je suis totalement militante. Je suis beaucoup moins activiste en ce moment parce que j’avais du mal à me positionner, j’étais totalement perdue, là je commence à vraiment me recentrer donc je pense qu’à partir de l’année prochaine je vais recommencer à faire des actions. Si je suis activiste, bon après Jeremy va m’engueuler parce qu’il va me dire si t’es activiste c’est juste qu’en ce moment t’es pas sur le lieu, sur les actions. Oui je suis activiste mais tu vois j’ai encore un putain (pardon) de syndrôme de l’imposteur. Si je suis militante, je suis activiste, clairement, profondément d’ailleurs. Après dans mes actions je fais moins d’activisme en ce moment, mais il ne faut pas occulter que tout ce que je fais sur Instagram ça a quand même un rôle dans l’activisme. Je suis encore en train de réfléchir à ma position dans tout ça. En fait, j’essaie toujours de faire preuve d’humilité. Je sais que j’en fais beaucoup sur Instagram mais que j’en fais pas beaucoup sur le terrain et il faut peu de courage pour faire sur Instagram et il faut beaucoup de courage pour être sur le terrain. Quand tu risques les gardes à vue, l’emprisonnement etc, c’est pas avec mes petits posts que je risque quoi que ce soit. Je suis dans l’activisme facile on va dire en ce moment. Parce que j’ai un livre à écrire et que j’ai besoin d’être ailleurs qu’en prison en ce moment. J’essaie de me dire voilà quels impacts vont avoir tes actions là tout de suite ? Mon livre si je l’écris correctement et qu’il sort et qu’il est lu aura beaucoup plus d’impact que si je suis sur une action là tout de suite. Voilà je suis obligée de m’entendre avec moi même, je suis toujours en guerre contre moi même. Si je parle de cette manière c’est parce que je réfléchis à 4 milliards de trucs en même temps. Tous les activistes sont comme ça, on est toujours en pleine réflexion, en train de se dire “Est-ce que je devrais pas faire ça ? Est-ce que je devrais pas le faire différemment ?” C’est fatiguant. Mais ce dont je voulais te parler, je te disais que je risquais pas grand-chose sur Instagram, j’ai quand même été convoquée par le gouvernement il y a à peu près 9 mois, c’était une semaine avant la dernière marche pour le climat, je crois que c’était en septembre. J’ai reçu un mail qui me disait : il faut qu’on voit. Je me suis dit : cet email est très bizarre donc je suis allée chercher le nom de la personne sur linkedIn. Je lui ai dit “Est-ce que vous m’avez envoyé ce message ?” “Oui je vous ai envoyé ce message.” “Mais qu’est-ce que vous voulez ?” “Rencontrons-nous et on verra” et en fait clairement ils voulaient travailler avec moi pour diffuser la propagande gouvernementale. Donc là en fait j’en parle et les gens vont l’entendre, peut-être que je risque quelque chose à en parler mais en fait je trouve ça juste anormal de faire ce genre de chose. Et en fait quelques jours après, il y a eu une manifestation où on a été nassés et il se trouve que je manifestais avec une copine enceinte . On se prenait des gaz pour rien donc ma copine a commencé à avoir peur, on a essayé de sortir de la manifestation on a mis 3h à sortir parce qu’on ne nous laissait pas sortir. Toutes les rues étaient bloquées, on a fini par s’enfuir par un parc. Bon depuis ma copine a accouché, tout va bien, mais sur le moment je me suis dit : il fait chaud, on a pas d’eau, même si on a envie d’aller aux toilettes on peut aller nulle part, ma copine est enceinte, on la laisse pas sortir c’est quoi ça ? Et en fait ça m’a tellement énervée que je me suis dit “Tu sais quoi ? Je vais parler de ce qui m’est arrivé et je vais dire ce que fait le gouvernement.” Donc non seulement ils gazent les gens, ils nassent les gens et en plus de ça ils essaient d’aller vers les  “influenceurs” pour diffuser leur propagande. Et moi on m’a non seulement demandé si j’avais envie de travailler avec eux mais aussi si j’avais envie de travailler avec eux en tant qu’agence donc pour diffuser de manière plus large la propagande gouvernementale. Et je sais que le mot propagande est un mot fort mais c’est exactement ce qui se passe. Entre ce qui est dit et ce qui est fait, il y a un monde donc évidemment que je leur ai dit non mais j’ai été totalement choquée qu’on veuille m’acheter. Parce que clairement c’était ça, on a des budgets, on veut t’acheter. Évidemment j’ai dit non, mais voilà je suis quand même surveillée même si je suis sur Instagram. Est-ce que je suis fichée ? J’en sais rien, certainement, mais voilà je décide encore aujourd’hui d’en parler parce que de communiquer les messages du gouvernement c’est juste ralentir notre combat, qui est un combat qui est urgent. Donc quand Macron est élu championnat de la Terre ou je sais pas quoi, c’est une blague en fait. Il suffit d’aller voir n’importe quel rapport du réseau Action Climat, ou de Greenpeace, ou de Oxfam, pour se rendre compte que le gouvernement a un discours qui est un mensonge total. Non seulement ils ne font rien pour l’écologie mais ils sont complices de toutes les actions écocidaires. Il faut que les gens sachent ça. On n’est pas anti-systèmes pour être anti-système, on est anti-système parce que le système est malade parce que pour que tout est fait pour que tout aille de plus en plus mal . Et moi parfois je me dis “Mais est-ce que ces gens sont humains ? Comment tu peux faire en sorte consciemment les choses alors que toi-même tu vis sur cette planète ?” Macron n’a pas d’enfant mais il y a plein de membres du gouvernement qui ont des enfants. Qu’est-ce qui se passe dans leur tête ? Peut-être qu’ils ont un plan B quelque part. Y a aussi tous les preppers qui tu sais qui achètent des maisons au large de l’Argentine et en Nouvelle-Zélande pour s’enfuir. Au cas où un épisode de la série Effondrement sur Netflix qui montre montre un homme d’affaires s’enfuir en avion vers je ne sais quelle contrée. Mais voilà, c’est ce qui se passe, le gouvernement ment, le gouvernement essaye d’acheter les personnes qui ont un peu d’influence.

Auprès des jeunes

Donc attention aux messages que vous voyez, si vous avez envie de suivre ce qu’il se passe abonnez-vous à la newsletter du réseau Action Climat, c’est une Fédération des associations dont Greenpeace, Oxfam, WWF et bien d’autres, qui organise régulièrement des conférences de presse et qui diffuse des infos, qui pour le coup sont des infos objectives, sur ce qui est fait par le gouvernement, ce qui se passe à l’échelle de la France et du monde et ça vous permettra juste d’avoir des infos réelles et de ne pas vous laisser entuber par ce que vous entendez dans les beaux discours très éloquents des membres du gouvernement.

Parfait, tu fais bien de le rappeler. Ton livre que que tu écris en ce moment, c’est sur quoi ?

Alors je peux pas trop en parler parce que ce serait une surprise Il faut juste savoir que si vous aimez lire mes fictions vous aimerez mon livre. Le but en fait de ce livre, je veux juste vous expliquer ce pourquoi je l’écris, en fait ça a changé pendant le confinement. A la base je devais rendre mon livre en avril et le problème c’est que ce sur quoi je me base était une réalité qui avait totalement changé avec le Covid. Parce que là on a quand même vécu un truc à l’échelle mondiale qui a, je pense, perturbé pas mal de monde même si la vie d’après ressemble vraiment à la vie d’avant, mais je pense qu’il s’est passé quelque chose et en fait le présent sur lequel je me basais, n’existe plus. Donc j’ai vu avec mon éditrice et je lui ai dit “Je crois qu’il va falloir qu’on décale la sortie que pour que je puisse refaçonner tout mon récit.” Et c’est très bien parce que je pense que le résultat sera bien plus qualitatif que ce qui était prévu donc la vie est bien faite. Et le but ce n’est pas de faire changer les gens par rapport à leurs comportements, je suis toujours sur le truc du comportement individuel. Y a des gens qui changeront à la lecture du livre parce que il y aura beaucoup de prise de conscience dans ce livre, mais le but c’est de fermer le livre et de se dire : ok j’ai appris plein de choses je conscientise les choses mais il faut que je trouve le pourcentage pertinent qui fait que je ne veux pas que les gens ferment le livre en étant déprimés, pas du tout. Je veux en fait que les gens ferment le livre en se disant “Ok il y a vraiment un problème dans ce monde, je ne serai plus perméable au discours des gouvernements, des grandes entreprises, qui font du greenwashing” et le but c’est que la majorité adhère aux futures luttes tu vois.Evidemment ce serait parfait si tout le monde pouvait lutter avec nous, activistes, militants, mais dans les faits il y a plein de gens qui ont d’autres choses à gérer que ça, mais en fait si on pouvait juste avoir l’appui et l’adhésion du plus grand nombre lorsque on va mettre en place des actions, ça sera parfait, c’est ça qu’on veut c’est ça qu’on veut maintenant. On veut juste convaincre les gens que les actions qu’on fera dans les prochaines années, possiblement violentes d’ailleurs. Après la violence, c’est un autre débat mais il y a un livre qui s’appelle comment la non-violence protège l’État, qui est super intéressant sur ce sujet, et d’ailleurs la non-violence est un privilège, la non-violence c’est un privilège dans le sens où, évidemment que tu peux prôner la non-violence quand tu sais t’exprimer, quand tu es éloquent, quand on t’écoute, quand tu passes bien à la télé quand on a envie de te mettre en avant. La non-violence est un privilège, ça veut pas dire que je suis pour la violence, ça veut simplement dire qu’à un moment, quand on est dans une urgence, il va falloir envisager toutes les possibilités  et la violence c’est pas forcément l’atteinte à l’intégrité des personnes, à l’intégrité physique des personnes, ça peut être du sabotage ça peut être d’autres choses. Voilà je dis pas que je suis pour tout ça, je dis simplement qu’il va falloir penser à tout ça et que si ce genre d’action arrive, à juste titre, plus tard, il va falloir que la majorité soit avec nous et ne soit plus perméable au discours qui font passer les activistes pour des casseurs, pour des gens sans cervelle qui font ça sans trop savoir pourquoi et pour des gens dangereux. On cherche l’adhésion et ce livre, via des histoires, des mécanismes psychologiques, de prise de conscience comme ceux qu’on peut retrouver dans mes fictions, amènera les gens qui le liront à se questionner, à réfléchir et à évoluer, certainement, je l’espère, et à adhérer, sans pour autant combattre avec nous, “combattre” entre guillemets, y a pleins de manières différentes de combattre. On a juste besoin d’appui et de soutien. Et c’est ça que je recherche avec ce livre.

J’ai hâte maintenant !

[rires] Moi aussi j’ai hâte ! J’ai hâte de le finir et de voir un l’impact que ça aura mais vraiment encore une fois, j’ai jamais voulu écrire ce livre pour en vendre pleins et faire de l’argent, mais ça je pense que quand on me connait on le sait

De toutes façons quand on écrit un livre, on gagne pas beaucoup d’argent

Non évidemment que non, mais tu vois je te dis ça parce que j’ai envie que ce soit un best-seller. Je veux pas que ce soit un best-seller pour gagner de l’argent, je veux que ce soit un best-seller pour qu’il soit lu et qu’il puisse faire évoluer pleins de gens. Voilà, je peux pas t’en dire beaucoup plus parce que mon éditrice va m’engueuler.

C’est déjà bien. Et donc la sortie a été reportée ?

La sortie a été reportée et ce sera certainement pour janvier ou février 2021.

D’accord. Et en parallèle de ce bouquin sur lequel tu travailles, et de ton compte Instagram, tu as continué à travailler avec des influencers -j’aime pas trop ce terme, c’est un peu compliqué, bref – avec des influencers, un petit peu comme tu faisais avec la régie pub pour laquelle tu travaillais quand je t’avais rencontrée ?

Oui, alors quand je suis partie de cette régie le but c’était pas du tout de faire la même chose, mais simplement quand je suis partie, y a de plus en plus d’”influs” comme je les appelle, qui sont revenus vers moi en me disant “Roxane comment je fais ce contrat ? Qu’est-ce que je dois à cette marque ? “ et en fait par la force des choses, j’ai recréé une agence d’influence mais cette fois-ci qui est mon bébé et donc à ma sauce. Et donc c’est ça qui me permet de vivre et de pouvoir, de manière bénévole, produire tout ce contenu sur Instagram Donc là tout de suite, je suis freelance

Parce que je voulais quand même que @dearlobbies est un média indépendant, sans publicité, il t’arrive très rarement de faire des contenus sponsorisés, t’en as fait avec Enercoop, un avec Or du monde,

Ouais, j’en fais très rarement, c’est tout le temps des marques éthiques ou des ONG. Je ne collabore pas avec des marques qui ne me semblent pas en accord avec mes valeurs.

Et donc on a bien conscience, vu que c’est très ponctuel, que ça ne permet pas de vivre au quotidien

Pas du tout. Donc c’est pour ça que j’ai cette activité d’agence à côté. Et d’ailleurs par contre, je vends des fictions, parfois. Je peux écrire des fictions, c’est ce j’ai fait pour Or du monde, pour mettre la lumière sur quelque chose, donc là par exemple pour Or du monde, c’était l’arrivée d’un des fondateurs qui allait visiter une mine d’extraction d’or et qui voyait la catastrophe que c’était.

Elle est chouette cette fiction

Ouais j’ai bien aimé, quand je la relis j’aime bien j’ai l’impression d’être là-bas. C’était pour que les gens comprennent qu’extraire de l’or c’est pas anodin et qu’il vaut mieux vraiment favoriser l’or recyclé. Je peux vendre des fictions, je fais des campagnes avec mon agence. Voilà pour l’instant c’est comme ça que je vis. Je suis minimaliste donc tant que j’arrive à payer mon loyer et manger, je suis contente. Je ne consomme rien d’autre donc ça me suffit. Maintenant c’est vrai que je pense que je pense que je vais commencer à chercher un travail à partir de septembre. Quand vous écouterez ce podcast, je suis en train de chercher où je peut-être déjà trouvé ou pas. Mais je pense qu’il me faut un travail pour être plus sereine financièrement parlant, j’aurai moins de temps pour créer plein d’autres choses mais je pense que j’ai besoin d’avoir une phase où je suis moins stressée par rapport à tout ça. Donc si je pouvais trouver un boulot dans la com en ONG, je serais ravie. On verra. Si vous me suivez aujourd’hui du coup, suite au podcast, sur mon Instagram, vous verrez si j’ai réussi à trouver, ou si vous cherchez quelqu’un dans la com, écrivez moi.

Tu as des ONG pour lesquelles tu préfèrerais travailler ?

Je suis en amour pour Greenpeace. Je les aime trop, je suis parti avec eux cet été en Guyane sur un bateau avec une influenceuse Julie @douzefevrier et du coup j’ai non seulement vu les actions de Greenpeace mais j’ai aussi bosser avec l’équipe et j’ai vécu avec l’équipe sur un bateau et je les aime profondément. J’ai vu leur manière de travailler ensemble, leurs relations qui sont presque amicales d’ailleurs parfois, et je les aime trop, je veux travailler pour Greenpeace. J’aime beaucoup Oxfam aussi et la convergence entre l’écologie et le social. J’aime beaucoup Cécile Duflot. J’aime beaucoup moins une autre ONG mais je sais pas si je vais la citer, une autre ONG qui est financée, entre autres, par Coca-Cola, je ne donnerai pas de nom parce que ce serait quand même un petit peu contre-productif dans le sens où cette ONG fait de très bons rapports scientifiques. Mais voilà, Greenpeace, Oxfam je les aime beaucoup. J’ai aussi un projet en ce moment avec deux institutions internationales. Je vais pas donner les noms parce que c’est pas encore fait mais il se pourrait que je traduise des rapports scientifiques en fictions, de manière récurrente, à partir de septembre

Ce serait chouette

Et c’est vraiment pas n’importe quelles institutions. Mais je dis rien parce que j’ai pas envie de me porter la poisse mais voilà j’ai quand même pleins de projets et j’ai besoin de stabilité. On verra comment ça évoluera. Après une stabilité ça peut être aussi être un contrat régulier avec ces deux institutions et dans ce cas là je suis à l’abris le temps du contrat.

Mais qu’est-ce que tu feras de tes “influs” alors ?

Ah mais ça je les garde toujours. Je les garderai toujours parce que c’est pas quelque chose qui me prend énormément de temps. Dans le milieu Green on refuse 90 % des offres qu’on a bien évidemment, parce que c’est toujours des marques qui nous intéressent pas donc je pense que je pourrai les garder par ailleurs et ça me permet de garder un pied dans les pratiques des réseaux sociaux. Étant donné que je suis moi-même sur les réseaux sociaux c’est bien d’avoir une vision d’ensemble. Donc j’y resterai, sachant qu’en plus j’ai envie de publier mon mémoire à un moment donné donc voilà

Et puis tu es une fervente militante, pour les influs, que tout travail mérite salaire, ça t’habite depuis longtemps

Ça me rend complètement dingue de voir des marques qui, sur leur site internet, ont tout un texte sur leur éthique par rapport aux travailleurs, travailleuses, à la production, l’extraction, et qui après vont solliciter les influenceurs et influenceuses, souvent influenceuses d’ailleurs, en leur disant “Voilà, on aimerait que tu travailles gratuitement pour nous, comprends on est une petite entreprise”. Mais oh les influs sont des auto-entrepreneurs pour la plupart, qui sont obligés de travailler à côté parce que justement ils arrivent pas à gagner leur vie avec tout ce qu’ils font de leurs réseaux sociaux. Donc pour moi c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Tu ne peux pas te dire éthique si par ailleurs tu ne gardes pas consciemment une part de ton budget pour la communication auprès de ces influenceurs et influenceuses. Quand je sais que ces mêmes marques, alors que je travaillais dans la presse, avaient des budgets com’ pour acheter des pages de pub à 2500-5000 € dans des magazines et qui à côté disaient aux influs on a pas de budget, non, vous avez choisi de ne pas avoir de budget. Donc ça, ça doit changer et malheureusement il y a le syndrome de l’imposteur qui est trop présent dans ce milieu, les influs ont du mal à se défendre parce qu’ ils se disent “Ah oui mais non mais” fin non il y a pas de “Oui mais non” en fait. Si tu passes 5 heures à écrire ton article, le minimum syndical c’est que tu sois payé au moins au taux horaire de ces 5 heures. C’est le minimum syndical même pour une marque que tu aimes bien. Et après il faut payer l’audience : quand tu achètes un spot publicitaire à la télé, plus y a d’audience, plus c’est cher donc il ne faut pas avoir peur de chiffrer un taux horaire pour le temps de travail qui a été nécessaire et le coût de l’audience. Et dernière chose s’il y a des personnes qui sont dans ces cas-là qui nous écoutent, il y a une distinction qui est très facile à faire : il y a le spontané, le spontané c’est quand tu décides de parler d’une marque auquel cas, ça peut être gratuit, aucun problème. Mais quand une marque vient vers toi c’est qu’elle est intéressée par ton pouvoir de diffusion des infos et ton audience. A partir de ce moment-là c’est obligatoirement payant, parce que la marque te voit comme un potentiel de conversion pour ses produits donc voilà : spontané/pas spontané. C’est la nuance, quand on vient vers toi tu fais payer. Quand tu reçois un produit, parce que tu t’es mis d’accord avec la marque et t’as envie d’en parler spontanément, fais-le, y a pas de problème. Quand la marque te dit “On a ce produit qui sort on aimerait que t’en parles” c’est payant c’est tout. Parce que la marque a vu en toi une publicité, tout simplement. Donc c’est payant.

C’est clair, et pourtant c’est difficile encore à faire entendre pour plein de marques

Mais ça change. Ça change beaucoup parce que quand tu contactes 50 personnes et que tu as 45 personnes qui te disent ben non je travaillerai pas gratuitement en fait t’es obligé de revoir ton business model et de payer les gens. En sachant qu’en plus les tarifs ont été bench marké, je les ai bench marké, c’est pas des tarifs ahurissants, c’est des tarifs normaux. Ça peut paraître beaucoup pour des petites marques ou des marques qui n’ont pas l’habitude, mais c’est comme ça. Après y a d’autres manières de faire, si t’es une petite marque et que t’as vraiment pas d’argent et que tu veux faire découvrir tes produits, tu fais une liste d’influs tu leur dis voilà “Est-ce que vous aimeriez recevoir les produits ?” mais tu leur dis aussi que c’est sans engagement. Et après t’auras peut-être des retours. Si t’as des bons produits, que t’as une bonne relation avec ces personnes, que tu fais preuve de respect, bah t’auras certainement plus de chance d’avoir des retours que si tu fais l’inverse. Après il faut pas s’attendre à ce qu’il y ait des retours tout le temps parce que les influs reçoivent énormément de produits, mais c’est une option l’envoi de produits, sans attente ni coup de pression pour démarrer, ça peut être une option.

Merci beaucoup Roxane, c’était encore hyper intéressant, on pourrait parler pendant des heures

C’est horrible [rires]

C’est horrible, mais ça fait déjà 1 heure

On fera une numéro 3

On fera un numéro 3 à la sortie du livre

Oui d’accord ! On fera ça !

Ou on pourrait même faire un numéro 3 en live, ce serait pas mal. On enregistre aussi mais on fait en live, ça pourrait être sympa

Après la sortie du livre, ce serait cool

Merci beaucoup !

Merci à toi

Et puis comme d’habitude, j’indique tous les liens dans la barre d’infos et surtout chers auditeurs je vous invite à consulter le compte Instagram de Roxane qui parfois peut être un peu dérangeant, en tout cas on a pas toujours envie de lire les fictions jusqu’au bout mais pourtant il le faut. Et il y a un travail de dingue derrière donc filez découvrir tout ça ! A très bientôt

A bientôt !

Et voilà, cet épisode est déjà terminé et j’espère qu’il vous aura plu. Comme toujours vous retrouverez tous les liens utiles dans la barre de description de l’épisode. Et surtout s’il vous a plus n’hésitez pas à le partager avec votre famille, vos amis et vos collègues mais également sur les réseaux sociaux en identifiant le compte de @basilicpodcast et celui de @dearlobbies. Je vous donne rendez-vous jeudi prochain pour un nouvel épisode et très prochainement pour un nouvel hors-série. A très bientôt !