Que veut dire faire famille ?

12 Oct 2026 | Activisme, Parentalité, Podcasts, Société

Le terme de famille est bien plus vaste que la simple conception d’un papa, une maman et des enfants qui partagent les mêmes gènes. Il existe mille façons de faire famille. Dans ce nouvel épisode de Basilic, Jeane reçoit Léa Cayrol. Léa est autrice, lesbienne, et maman d’une petite fille avec sa femme. Ensemble, elles explorent les réalités des familles queer aujourd’hui en France.

Son livre Familles queer, parentalités mode d’emploi (Éditions La Plage) est le premier guide français dédié aux parentalités LGBT+. Ensemble, elles explorent une question simple : qu’est-ce qui fait vraiment une famille ? Une conversation lumineuse, qui parle à toutes les familles — queer comme hétéros.

Qui est Léa Cayrol ?

Léa Cayrol est autrice et créatrice de contenus. Sur ses réseaux, elle parle de PMA, d’homoparentalité et de parentalité au sens large. Avec sa femme, elle élève une petite fille de 7 ans.

Dans son nouvel ouvrage, paru aux Éditions La plage, Léa Cayrol dresse un panorama riche et complet de la diversité des familles aujourd’hui. Pour écrire ce livre, Léa a mené plusieurs dizaines d’entretiens avec de nombreuses familles queer. De cette matière riche est né un ouvrage pratique à mettre entre toutes les mains !

Faire famille : une notion qui évolue

Le mot « famille » a beaucoup changé. Au XIVe siècle, il désignait une communauté de personnes vivant sous le même toit. L’idée de lien du sang n’apparaît qu’à la fin du XVIe siècle. Aujourd’hui, le dictionnaire en donne plusieurs définitions.

La loi, elle aussi, a évolué. Le PACS arrive en 1999, le mariage s’ouvre aux couples de même sexe en 2013 et la PMA devient accessible à toutes les femmes en 2021. La réforme de l’adoption de 2022 élargit encore les possibilités. La famille ne cesse de se réinventer.

Être parent : L’importance du lien d’attachement

Beaucoup de futurs parents queer se posent la même question. Comment devenir un parent « légitime » quand on n’a pas porté son enfant, ni transmis ses gènes ? Léa Cayrol répond par la théorie de l’attachement.

L’attachement ne naît pas du lien génétique, il relève du vécu de du nouveau-né. In vitro, un lien s’établit entre l’enfant à naître et ses futurs parents. Pour créer ce lien d’attachement, c’est le soin, l’attention portée au nouveau-né, l’amour qui en naît tout simplement.

« Ce qui fait la famille, c’est la volonté de prendre soin, de faire grandir, de transmettre […] et cela n’a rien à voir avec la génétique. », résume très justement Léa dans l’épisode. La légitimité d’un parent ne repose pas sur la biologie mais sur l’existence de ce lien d’attachement.

FAMILLES QUEER : L’IMPORTANCE D’ADAPTER SON VOCABULAIRE

Léa accorde un soin particulier au vocabulaire et elle nous invite à faire évoluer certains mots. À tire d’exemple, il serait possible de parler d’allaitement humain plutôt que d’allaitement maternel. Cette notion est bien plus inclusive, les hommes trans n’en seraient plus exclus.

Prêter attention au vocabulaire employé est primordial pour les parents des familles queer mais aussi pour leurs enfants. Demander à un enfant qui est son parent biologique s’avère extrêmement violent pour l’enfant, lui laissant entendre que l’un des deux parents homosexuels serait plus légitime que l’autre…

La double pression des parents hors normes

Les familles queer font face à des injonctions de toutes parts. Dans son ouvrage, Léa décrit l’interdiction d’échouer pour ces familles, comme s’ils n’avaient pas droit à l’erreur. Beaucoup de parents cherchent alors la perfection. Léa invite à lâcher cette exigence impossible. La perfection n’existe pas, surtout en parentalité.

Être un·e bon·ne allié•e : des gestes concrets

L’épisode se termine sur du concret. Comment soutenir les familles queer au quotidien ? Comment devenir un•e bon•ne allié•e

Premier geste : offrir des livres jeunesse qui montrent la diversité des familles. Un enfant qui a lu une histoire avec deux mamans ne s’en étonnera pas dans la cour de récré. La littérature jeunesse ouvre les esprits très tôt et de nombreux ouvrages existent !

Deuxième geste : surveiller nos mots. On évite « c’est qui la vraie maman ? » ou « où est le papa ? ». Ces petites phrases obligent les familles à se justifier sans cesse.

Troisième geste : agir à l’école. Des formulaires « parent 1 / parent 2 », des livres adaptés en classe, l’attention des enseignant·es. Tous ces détails aident chaque enfant à se sentir à sa place.

Pour aller plus loin

Cet épisode donne envie d’élargir notre regard sur la famille. Léa Cayrol le montre bien : faire famille, c’est avant tout créer du lien.

Cet article s’appuie sur les propos recueillis lors de l’épisode Basilic avec Léa Cayrol.

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